Here comes the sun, Mag's
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Here comes the sun (doo doo doo doo)
Here comes the sun, and I say
It's all right
Little darling, it's been a long cold lonely winter
Little darling, it feels like years since it's been here
Here comes the sun
Here comes the sun, and I say
It's all right
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Voici le soleil (doo doo doo doo)
Voici le soleil, et je dis
C'est bon
Petite chérie, ce fut un long et froid hiver solitaire
Petite chérie, ça fait des années que ça n'a pas été ici
Voici le soleil
Voici le soleil, et je dis
C'est bon
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En ce mois de juillet 1971, le disque tournait en boucle sur le tourne-disque. Faut dire qu'on découvrait l'album "Abbey Road" et que c'était le disque préféré de Magg's.
Magg's. Maggy. Maggys. Maggy's. Ma petite Magg's. Ma petite chérie.
Non. Pas ma petite chérie. C'est pas vrai.
C'est pas comme ça que ça s'est passé. C'était moi, son petit chéri. C'était moi, son jouet. J'étais sa chose. Je devais être disponible quand elle le voulait. Et si elle le voulait. Et je l'étais ! Oh oui ! Que j'étais disponible pour elle ! C'était quand elle le voulait et où elle le voulait. Oh oui !
Elle m'a tout appris. Enfin, elle m'a appris beaucoup. Je ne savais rien jusqu'alors. Pas grand chose. J'étais autodidacte. Les deux filles, les deux femmes avec qui j'étais sorti, avec qui j'avais couché, avec qui j'avais baisé, étaient deux vierges. Je les avais dépucelées. Autant dire qu'elles n'avaient rien eu à m'apprendre. Autant dire que je ne savais pas grand chose.
Mais Magg's ! Oh Magg's !
Elle m'a appris à attendre l'autre. A jouir ensemble.
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Come together right now over me
Come together
Come together
Come together
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Venez vous tous, maintenant, avec moi
Venons ensemble
Venons ensemble
Venons ensemble
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Elle m'a appris tellement !
Elle m'a appris à se donner mutuellement du plaisir. Elle m'a appris à se donner mutuellement du bonheur. Elle m'a appris à se donner du bonheur.
Elle m'a appris le corps de la femme. Elle m'a appris à faire jouir le corps de la femme. Elle m'a appris à faire chanter le corps de la femme. Elle m'a appris à faire danser le corps de la femme. Quel désir ! J'en devenais cinglé !
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I want you
I want you so bad
I want you
I want you so bad
It's driving me mad
It's driving me mad
She's so heavy
She's so heavy
Heavy, heavy, heavy
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Je te veux
Je te veux tellement
Je te veux
Je te veux tellement
C'est en train de me rendre fou
C'est en train de me rendre fou
Elle est si obsessionnelle
Elle est si obsessionnelle
Obsessionnelle, Obsessionnelle, Obsessionnelle
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Le matin nous trouvait épuisés mais comblés.
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Here comes the sun, here comes the sun,
And I say it's all right
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Voici le soleil, voici le soleil,
Et je dis que tout est bien
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Et elle partit. Elle, la comédienne de Londres. Elle partir retrouver son fiancé, comédien lui aussi. Le metteur en scène de la troupe.
Après de longues nuits d'amour. De longues nuits d'enterrement de vie de jeune fille.
Et elle me laissa sans regret. Mais, moi, je m'étais attaché. Et depuis, j'écoute avec émoi "Abbey Road".
Oh ! Quelle nuit !
Eté 1971. Eté torride. J'étais à l'armée. Oui. Oui, mais non. Pendant six mois, j'étais de retour chez moi, au kibboutz. C'était la période bénie du service militaire où nous étions détachés chez nous. C'était le bonus des nouveaux immigrants, des volontaires du Nah'al.
Bon, mais tout ça, je m'en s'en foutais, hein ? Moi, j'avais vingt et un ans, et je voulais profiter à fond de ces six mois. Profiter à fond ? Mais comment ? Oh ! Mais c'était très simple ! On était en été, donc. Et le kibboutz était rempli de touristes. Des jeunes touristes étrangers venus passer quelques semaines comme volontaires pour cueillir les abricots. Mais surtout ce qui m'intéressait, c'était les jeunes touristeeeuus étrangèèèreeeus. Les filles. Les femmes. les gonzesses. Il y en avait de tous les pays, de toutes les sortes, de toutes les couleurs. Aïe ! Quel bonheur !
Et là, maintenant, j'étais dans un creux. Je venais de quitter Maggy l'Anglaise, Maggy la comédienne, avec qui j'était resté quelques semaines quand même. A qui je m'étais un peu attaché. Ah ! C'était ça mon malheur ! Je m'attachais trop facilement ! J'étais tristounet. Maggy était partie. Partie se marier, en plus ! Elle s'était payé un petit soldat israélien pour son enterrement de vie de jeune fille.
J'allais voir les copains. Chaque soir, il y avait une fête quelque part. Pas grand chose. Juste histoire de se réunir et de profiter des belles soirées d'été. Des fois, on restait sagement chez l'un ou chez l'autre à siroter un café en écoutant du jazz. Et papoter bien sûr. Des fois, on faisait les fous : Aller à minuit à la piscine. Passer par dessus le portillon. Rigoler devant le panneau "Piscine ouverte de 9h00 à 19h00 - interdit de se baigner sans surveillance" et se taper un bain de minuit à poil tous ensemble. Aller à la cuisine. Ouvrir la porte du garde manger. Sortir 7 ou 8 steaks. Eplucher 2 kg de patates. Faire des frites. Manger un steak frites à 2h du mat'...
Toutes ces soirées drainaient des touristes qui adoraient les jeunes du kibboutz. Nous ! Nous avions une aura pour eux. On était venu s'installer, VIVRE au kibboutz. On faisait l'armée. Ils nous admiraient. ELLES nous admiraient.
Il y en avait une, en ce moment qui tournait sérieusement autour de nous. Même autour de moi, je dirais. Pas très très jolie. Mais mignonne quand même. Je m'approche. On commence à discuter. Elle est américaine. du Montana. Les Rocheuses. Ouh lala ! Comme c'est différent du désert du Neguev ! Elle s'appelle Molly. Et elle part demain matin. Oh ! Demain matin !
Oh ! Demain matin ! Il y a donc urgence. Vers minuit, nous allons dans ma chambre. Et là, à peine la porte fermée, on se jette l'un sur l'autre, on se jette l'une sur l'autre. Ouh là là ! Quelle nuit ! Même avec Maggy, ça n'a jamais été aussi torride. On ne s'est pas arrêtés. Que voulez-vous ? J'avais avec moi la force de la jeunesse. A vingt et un ans, on est capables d'exploits. D'exploits à répétitions. Encore et encore.
On ne s'est pas arrêtés. Ouh là là ! Quelle nuit ! à huit heures, il fallait qu'elle aille prendre ses bagages pour ne pas rater le bus qui l'emmenait à l'aéroport de Tel Aviv. On se sépara en s'embrassant encore et encore. En se caressant encore et encore. Moi, je partis travailler au poulailler. à huit heures et demi au lieu de six heures... Yossef me jeta comme une feuille pourrie. Faut dire qu'entre les nuits avec Maggy, Molly et toutes les autres, je déconnais sérieusement avec les horaires.
C'est comme ça que je commençais à travailler à la bergerie. Et ben, croyez-moi, je me suis bien plus régalé avec les moutons qu'avec les poules.
Et toute ma vie, j'ai gardé le souvenir d'une nuit, de cette nuit.
Ouh là là ! Quelle nuit !
Ouh là là ! Quelle nuit !