le blog'notes

 

le Blog'notes de Charlot du 13

 

les laskar

 

Charlot du 13

 

L'ouverture de ce blog-notes
Mes aventures avec l'administration
Mes aventures avec la maladie
Pages éparses de ma mémoire
Moi, sexygénaire
Mes amours, mes emmerdes
Atelier d'écriture Nadia
Atelier d'écriture Prose des Vents
Les histoires de Naël
Diverses élucubrations
L'ancien testament
Les Evangiles au XXIème siècle
Le quartier Nelson
La guerre des tranchées
Le sandwich au sable
Le marchand de bananes
Le lycée Thiers
Les années DROR
Tu aurais presque soixante ans...
Mishmar haNegev
20 ans, un bel anniversaire
Mishmar haNegev - la suite
Agnès la Suissesse
Je suis papa
Le divorce
Les années Madeleine
Les années Nelly
La Catalogne
Le départ
 
Vos commentaires
 
Hommage à Jo-Vy
L'Algérie de Jacky
Au jardin d’essais
 
Hommage au vrai Charlot
 
Mais oui, vous êtes sur un site des
LASKAR & CO
Le sandwich au sable

 

Prenez un bon morceau de baguette. Avec du beurre. Avec du jambon. Et avec du sable. Oh ! pas beaucoup de sable. Juste quelques grains. Quelques grains de sable qu’on ne sait pas comment ils sont arrivés là. On fait attention pourtant. On déballe soigneusement les sandwichs du papier journal. Et non, il n’y a pas encore d’emballages plastique en 1958. Et on a beau tenir le sandwich bien haut et bien éloigné du sable, il y a toujours des grains qui rentrent dedans. C’est comme ça.

Mais savez-vous ? C’est ça qui est bon.

Ces petits grains de sable qui crissent entre les dents, avec le moelleux du pain, la douceur du beurre, le bon goût du jambon, le sel de la mer collé sur les lèvres, ces petits grains de sable qui crissent entre les dents, c’est tout le goût de la Madrague.

Maintenant levons les yeux. Au-dessus de nous, des deux adultes, papa et maman, des deux garçons et du berceau contenant Marie-Paule, le bébé, il y a un parasol. Un parasol violet et jaune. Moche. Immonde. Avec des tranches verticales violettes et jaunes.

Oui. Mais qui se reconnait de loin. Si moche qu’il n’y en a pas deux pareils. Comme ça, on ne peut pas se tromper. Le plus moche, le plus voyant des parasols, c’est chez nous !

Comme c’est bon !

Ça et les frites de Jacky. Non. Pas Jacky mon frère. Jacky celui qui tient la baraque à frites. Baraque à chips plus exactement, comme on dirait maintenant. Mais à l’époque on appelait ça des frites. Parce que voyez-vous, les chips, c’est des pommes de terre frites.

Et oui !

Mais maman, on n'a pas mangé de viande !
Oui, mais vous avez mangé des épinards.
Et depuis quand les épinards, c'est de la viande ?
C'est pas de la viande, mais c'est lourd à digérer.
Oh maman ! S'il te plait ! ça fait deux heures qu'on a mangé…
On va attendre une demi-heure.
Oh maman ! S'il te plait !
Non, normalement on attend trois heures pour la viande. Alors deux heures et demi, c'est bien pour les épinards.


La Madrague

On est à la Madrague. Le 14. Juillet 1959. Jacky a douze ans, moi neuf ans. Il est quinze heures. Il fait chaud sous le parasol jaune et violet. On veut retourner à l'eau. On est venus pour se baigner, non ?

Et on n'hésite pas ! Mais alors pas du tout !

Il fait 32°, l'eau est à 24°

Mais la croyance de l'époque nous interdit de nous baigner pendant la digestion. Alors que c'est la différence de température entre notre corps et l'eau qui est dangereuse. Ce qui peut causer une hydrocution.

Dont mon tonton est mort quelques années auparavant.

 


Fort de l’eau

Et des fois, en revenant non pas de la Madrague, mais de Sidi-Ferruch par exemple, on s’arrêtait à Fort de l’eau. Aïe aïe aïe ! Là, c’était l’orgie de bière et de limonade, bière pour les papas, limonades pour les enfants et panachés pour les mamans. Et l’orgie de brochettes ! Allez ! tu nous mets trois douzaines de brochettes, cœur-foie-rognons et trois douzaines de merguez. Avec du bon pain, hein ? Tu as du pain mahonnais ?


Pain mahonnais