
Texte Shalom Laskar
Illustrations Internet
Oh ! Ce n’est pas vrai !
Comment est-ce possible ?
Je n’en reviens pas…
Ma mamie est une magicienne !
Oui. Une magicienne !
Figurez-vous que, après avoir illustré, de manière magistrale d’ailleurs, les histoires de mon papi, elle s’est mise à dessiner de grands dessins.
de grands grands dessins.
Non, mais de vraiment vraiment GRANDS GRANDS dessins.
Qu’elle dessine par terre sur des grandes grandes feuilles. Parce qu’elle n’a pas de table assez grande pour les poser.
Elle m’a dit que c’étaient des feuilles A0. Un mètre carré.
Les plus grandes qui existent.
Le premier dessin qu’elle me donna fut un joli paysage de campagne.
Ce jour-là, elle vint avec une grosse feuille de papier plié dans les mains qu’elle me donna en me disant :
- Tiens, mon petit. Déplie le papier et pose-le par terre.
Ce que je fis. Je dépliai. Le dessin était vraiment grand. Mais ça, je l’ai déjà dit. Je vis un magnifique paysage, des prés verdoyants, un ruisseau clair et frais, un petit bois charmant, des fleurs, beaucoup de fleurs. Et, sur le côté, chose étrange, une porte. Une porte qui n’avait rien à faire ici, dans la campagne. A mon regard étonné, mamie me dit : c’est la porte pour revenir à la maison. Tu comprendras sur place.

Sur place ? je ne comprenais rien.
Je remarquais qu’il y avait juste devant des pas japonais.

Mamie me dit : Pose tes pieds sur les pierres. Et n’oublie pas ! La porte pour rentrer !
Je mis mon pied droit sur la première pierre. Rien ne se passa. Mais quand je posais mon deuxième pied dans le dessin, je me sentis projeté en avant.
Pris de vertige, je fermai les yeux un petit instant. Quand je les rouvris, je me trouvais DANS le paysage.
C’est ça la magie de ma mamie.
Un petit vent frais me caresse le visage. J’aurais dû prendre une petite laine. Mais je ne pense pas au froid, je suis subjugué par la beauté du paysage. Le ruisseau coule assez fort. C’est normal, il y a des montagnes au loin. Ce doit être la fonte des neiges en ce printemps.
Je m’assois sur une pierre, me déchausse et trempe mes pieds dans l’eau. Brrr ! Elle est glacée mais c’est revigorant.

Après, je me promène un peu partout. Dans les bois je trouve des mûres bien mures.
Mmmm !

C’est bon ! Bref, une promenade délicieuse. Je reste quelques heures dans cette campagne si accueillante.
Puis j’ai envie de rentrer. Je prends le chemin du retour. Les pas japonais ne m’amènent nulle part. Et je pense à la porte. J’y arrive. Je tourne la poignée et pousse la porte. Il y a un noir absolu derrière. Que faire ? J’engage un premier pied dans le noir, le pose et je pose mon deuxième pied. Un vertige me prend de nouveau. Et… je me retrouve debout devant le dessin, mamie à mes côtés.
- C’était bien ?
- Ouh la la !
- Ne me raconte pas. Ce n’est pas la peine. J’ai tout vu. Je t’ai vu te promener dans le dessin.
Alors ? vous me croyez maintenant quand je vous dis que mamie est une magicienne ?
Cette année-là, je fis plein de voyages. Mamie m’emmenait, par ses dessins, dans les endroits les plus beaux du monde. Je visitais, grâce à elle, Venise et ses canaux, Florence et ses musées, Pise et sa drôle de tour penchée. Angkor et ses temples. Bref, un tour du monde fabuleux !



Et un jour, mamie me dit :
- Tu vois, ces dessins peuvent te faire voyager dans le monde, mais ils peuvent aussi te faire voyager dans le temps. Regarde. Et elle me donne un dessin avec plusieurs statues dessinées dessus. Ça, ce sont les sept merveilles du monde
Ce jour-là, je visitais la pyramide de Khéops à Memphis, les jardins suspendus de Babylone, la statue chryséléphantine de Zeus à Olympie, le temple d’Artémis à Éphèse, le tombeau de Mausole à Halicarnasse, le colosse de Rhodes et le phare d’Alexandrie.
Quel voyage ! Dans le temps et dans l’espace !

Mais ce ne fut pas tout ! Loin de là ! Mamie m’emmena dans l’antiquité, je vis l’Egypte, la Grèce, Rome. Je vis la construction de Khéops, la grande pyramide égyptienne.

Je vis Hannibal traversant les Alpes avec des éléphants.

Je vis les Hébreux traverser la mer rouge.

Mais plus tard dans le temps je vis aussi Jeanne d’Arc brûler.

Je vis Guillaume Tell et son fils.

Et même Napoléon.

Je vis la construction de la tour Effel.

Et, chose incroyable, je visitais mon quartier il y a des milliers d’années, et j’y rencontrais Dizzy et ses amis !

Et un jour, un jour, mamie vint avec une feuille… blanche !

- Regarde ! C’est le plus beau des dessins ! le plus beau des voyages ! C’est toi qui fabriques le dessin dans ton cerveau. Tu peux imaginer ce que tu veux. C’est illimité !
- Tu as les plus grandes possibilités dans ta tête. Cela s’appelle : « L’IMAGINAIRE ! » Va ! Imagine !
Alors, je fis à partir de ce jour, des voyages fantastiques. Je m’inventais des mondes bizarres, des mondes étranges.



Des mondes qui ne pouvaient exister que dans ma tête, dans mon imaginaire…
Mais il faut dire qu’au bout d’un certain temps, je n’avais plus d’idées. J’étais arrivé au bout de mon imagination.
Alors, un jour, mamie arriva avec… non, pas un dessin, ni une feuille blanche… elle arriva… elle arriva…
Avec des LIVRES !
Elle me dit :
Tiens, mon petit, maintenant que tu sais lire, voilà encore mieux qu’un dessin…
Et elle me dit enfin :
Il y a la littérature, mais il y a aussi la peinture. Je t’emmènerai voir des musées. Il y a dedans des trésors incroyables, tu verras…*
Et il y a aussi la musique. Mais ça, tu le sais déjà. Un grand opéra, il n’y a rien de tel pour s’évader.
Tous les arts sont indispensables dans la vie.
Et en me disant cela, elle me fit le plus grand cadeau que l’on pouvait me faire !


Bonne nuit, mon petit !
Bonne nuit Naël !
Bonne nuit papi Shalom !
Bonne nuit mamie Dorli !
Le Coulis de Chocolat de Charlie et la Chocolaterie

- 130 g de chocolat noir
- 30 g de sucre (blanc, roux, cassonade… ce que vous avez)
- 20 cl d’eau
- 12,5 cl de crème (liquide, épaisse, crème de coco, crème de soja…)
Cassez le chocolat en morceaux. Mélangez dans une casserole tous les ingrédients. Portez doucement à ébullition. Faites réduire en mélangeant régulièrement pendant 5 à 10 mn, jusqu’à ce que la sauce soit bien brillante et nappante. Utilisez immédiatement.
Ça fait aussi une fondue au chocolat épatante.
Versez le reste dans un pot à confiture rincé à l’eau bouillante et séché avec un torchon propre. Vous pouvez le conserver une semaine au réfrigérateur — ça marche aussi en pâte à tartiner.
Faites-le réchauffer au bain-marie au fur et à mesure de vos besoins, en prélevant juste la quantité nécessaire pour assurer une meilleure conservation.