Oh Judith,
Quelle nuit que cette nuit, que notre nuit.
J’avais envie de toi dès notre première rencontre, il y a un jour à peine. Apollon se levait comme il se lève ce matin et tu m’as rendue folle d’amour dès que j’ai vu ton visage.
Non, je ne t’aurais pas aimée plus blonde, mais ah ! ta chevelure ! mais Ah ! ton corps au teint mat ! tes seins lourds, tes paupières fardées sur tes yeux noirs ! Tu m’as faite, par ton allure, brûler ardemment de désir.
Je voulais t’enlacer comme un bras de rose… Et tu es venue. Tu m’as rejointe sur ma couche. Tu m’as caressée. Le feu m’a prise, tu as fait flamber mon cœur. J’étais prise d’un tremblement soudain par tes doigts sur moi. Et j’ai caressé aussi ton corps superbe, tes seins, tes chevilles, tes pieds, tes joues, tes mains, tes cheveux. Tes doigts se sont enlacés aux miens. Ta langue a caressé mon sexe.
Oh Judith ! Mon amante, mon cœur, mon tremblement, ma vie !
Tu voulais être cajolée ? Non, je veux que tu brûles de désir. Je veux qu’Eros t’aspires dans de langoureuses jouissances. Je te désire, tu me désires.
Garde-moi dans ton cœur, et avant de repartir dans ton pays lointain, loin de Lesbos et de ses rives, laisse moi comme souvenir, de tes cheveux noirs comme la nuit, une boucle !